On traduit, avec quelques aides surpuissantes

Voici le texte que vous allez traduire (texte Achille aux enfers) :

Αἴαντός θ᾽, ὃς ἄριστος ἔην εἶδός τε δέμας τε

470 τῶν ἄλλων Δαναῶν μετ᾽ ἀμύμονα Πηλεΐωνα.

ἔγνω δὲ ψυχή με ποδώκεος Αἰακίδαο

καί ῥ᾽ ὀλοφυρομένη ἔπεα πτερόεντα προσηύδα·

 » ᾽διογενὲς Λαερτιάδη, πολυμήχαν᾽ Ὀδυσσεῦ,

σχέτλιε, τίπτ᾽ ἔτι μεῖζον ἐνὶ φρεσὶ μήσεαι ἔργον;

475 πῶς ἔτλης Ἄϊδόσδε κατελθέμεν, ἔνθα τε νεκροὶ

ἀφραδέες ναίουσι, βροτῶν εἴδωλα καμόντων; »

« ὣς ἔφατ᾽, αὐτὰρ ἐγώ μιν ἀμειβόμενος προσέειπον·

᾽ὦ Ἀχιλεῦ Πηλῆος υἱέ, μέγα φέρτατ᾽ Ἀχαιῶν,

ἦλθον Τειρεσίαο κατὰ χρέος, εἴ τινα βουλὴν

480 εἴποι, ὅπως Ἰθάκην ἐς παιπαλόεσσαν ἱκοίμην·

οὐ γάρ πω σχεδὸν ἦλθον Ἀχαιΐδος, οὐδέ πω ἁμῆς

γῆς ἐπέβην, ἀλλ᾽ αἰὲν ἔχω κακά. σεῖο δ᾽, Ἀχιλλεῦ,

οὔ τις ἀνὴρ προπάροιθε μακάρτατος οὔτ᾽ ἄρ᾽ ὀπίσσω.

πρὶν μὲν γάρ σε ζωὸν ἐτίομεν ἶσα θεοῖσιν

485 Ἀργεῖοι, νῦν αὖτε μέγα κρατέεις νεκύεσσιν

ἐνθάδ᾽ ἐών· τῷ μή τι θανὼν ἀκαχίζευ, Ἀχιλλεῦ.᾽

« ὣς ἐφάμην, ὁ δέ μ᾽ αὐτίκ᾽ ἀμειβόμενος προσέειπε·

᾽μὴ δή μοι θάνατόν γε παραύδα, φαίδιμ᾽ Ὀδυσσεῦ.

βουλοίμην κ᾽ ἐπάρουρος ἐὼν θητευέμεν ἄλλῳ,

490 ἀνδρὶ παρ᾽ ἀκλήρῳ, ᾧ μὴ βίοτος πολὺς εἴη,

ἢ πᾶσιν νεκύεσσι καταφθιμένοισιν ἀνάσσειν.

Vous allez réaliser vous même un chromatorama (cf. exemples donnés sur Daphnis et Chloé) d’un morceau du texte que j’attribuerai à votre groupe de 2.

Vous allez vous aider de divers outils.

La traduction juxtalinéaire suivante (que vous avez aussi sur papier).

Le dictionnaire de grec qui dans la barre du haut du site.

Le fabuleux lemmatiseur eulexis

le clavier grec ancien pour pouvoir écrire le mot que vous allez lemmatiser

Vous analyserez également toutes les formes verbales de votre morceau (verbes conjugués, à l’infinitif et au participe).

 

Ulysse aux enfers

Écoutons tout d’abord le résumé de « La grosse Mytho« …

Lecture ?

Parcours de lecture sur Arrête ton char

La description des enfers : retrouvez dans le texte grec (retrouvez le sur le site Hodoi electronikai) et copiez les morceaux, les citations qui évoquent les caractéristiques des enfers avec leur traduction sur un document pour répondre à la question suivante : Ulysse descend-il aux enfers ? Aidez vous de cet article.

Achille, le texte

 

Le choix d’Achille

Quelques repères grâce aux Chemins de la philosophie, à Adèle Van Reth et Pierre Judet de Lacombe.

Pour rigoler…

L’article, aux comparaisons étonnantes, souligne une réalité troublante : il est très difficile de retrouver la trace dans l’Iliade de cette histoire de choix d’Achille. Voici donc l’unique texte qui fait état de cette alternative :

Iliade, Homère Chant IX, 410 sq.

οὐ γὰρ ἐμοὶ ψυχῆς ἀντάξιον οὐδ᾽ ὅσα φασὶν

Ἴλιον ἐκτῆσθαι εὖ ναιόμενον πτολίεθρον

τὸ πρὶν ἐπ᾽ εἰρήνης, πρὶν ἐλθεῖν υἷας Ἀχαιῶν,

οὐδ᾽ ὅσα λάϊνος οὐδὸς ἀφήτορος ἐντὸς ἐέργει

405 Φοίβου Ἀπόλλωνος Πυθοῖ ἔνι πετρηέσσῃ.

ληϊστοὶ μὲν γάρ τε βόες καὶ ἴφια μῆλα,

κτητοὶ δὲ τρίποδές τε καὶ ἵππων ξανθὰ κάρηνα,

ἀνδρὸς δὲ ψυχὴ πάλιν ἐλθεῖν οὔτε λεϊστὴ

οὔθ᾽ ἑλετή, ἐπεὶ ἄρ κεν ἀμείψεται ἕρκος ὀδόντων.

410 μήτηρ γάρ τέ μέ φησι θεὰ Θέτις ἀργυρόπεζα

διχθαδίας κῆρας φερέμεν θανάτοιο τέλος δέ.

εἰ μέν κ᾽ αὖθι μένων Τρώων πόλιν ἀμφιμάχωμαι,

ὤλετο μέν μοι νόστος, ἀτὰρ κλέος ἄφθιτον ἔσται·

εἰ δέ κεν οἴκαδ᾽ ἵκωμι φίλην ἐς πατρίδα γαῖαν,

415 ὤλετό μοι κλέος ἐσθλόν, ἐπὶ δηρὸν δέ μοι αἰὼν

ἔσσεται, οὐδέ κέ μ᾽ ὦκα τέλος θανάτοιο κιχείη.

καὶ δ᾽ ἂν τοῖς ἄλλοισιν ἐγὼ παραμυθησαίμην

οἴκαδ᾽ ἀποπλείειν, ἐπεὶ οὐκέτι δήετε τέκμωρ

Ἰλίου αἰπεινῆς· μάλα γάρ ἑθεν εὐρύοπα Ζεὺς

420 χεῖρα ἑὴν ὑπερέσχε, τεθαρσήκασι δὲ λαοί.

ἀλλ᾽ ὑμεῖς μὲν ἰόντες ἀριστήεσσιν Ἀχαιῶν

ἀγγελίην ἀπόφασθε· τὸ γὰρ γέρας ἐστὶ γερόντων·

ὄφρ᾽ ἄλλην φράζωνται ἐνὶ φρεσὶ μῆτιν ἀμείνω,

ἥ κέ σφιν νῆάς τε σαῷ καὶ λαὸν Ἀχαιῶν

425 νηυσὶν ἔπι γλαφυρῇς, ἐπεὶ οὔ σφισιν ἥδέ γ᾽ ἑτοίμη

ἣν νῦν ἐφράσσαντο ἐμεῦ ἀπομηνίσαντος·

Traduction de ce passage sur Hodoï electronikaï :

Car rien, pour moi, ne vaut la vie, ni toutes les richesses que possédait, dit-on, Ilion, ville bien située, en temps de paix, avant l’arrivée des fils d’Achéens, ni celles que renferme le seuil de pierre du Diseur d’oracles, de Phébus Apollon, dans la rocheuse Pytho. On ravit des boeufs et des moutons robustes, on achète des trépieds, des chevaux à la tête fauve ; mais la vie de l’homme, pour la ramener, on ne la ravit ni ne la saisit, une fois qu’elle a franchi la barrière des dents. Ma mère me dit en effet, la déesse Thétis aux pieds d’argent, que des génies funestes de deux sortes m’emportent vers la mort, vers ma fin : si je reste ici, à combattre, autour de la ville des Troyens, c’en est fait pour moi du retour, mais ma gloire sera immortelle; si je retourne en ma maison, sur la terre de ma patrie, c’en est fait pour moi de la noble gloire, mais ma vie sera longue, et ce n’est pas de sitôt que la fin, la mort m’atteindra. D’ailleurs, même aux autres Achéens, je conseillerais, moi, de faire voile vers leurs maisons : car vous ne rencontrerez plus le jour fatal pour Ilion l’escarpée. Sur elle Zeus qui voit au loin a étendu sa main, et ses troupes ont confiance. « Allez donc, vous, vers les plus nobles des Achéens, porter mon message (c’est le privilège des anciens), afin qu’ils pensent à un moyen meilleur de sauver et les vaisseaux, et les troupes achéennes près des vaisseaux creux. Car il n’est pas au point, le moyen auquel ils avaient pensé, puisque je garde ma rancune.

Ailleurs on trouve ce passage que cite Vernant dans le passage de la conférence diffusé dans l’émission citée supra, mais c’est très une référence très indirecte.

La métaphore des feuilles de l’arbre (dialogue avant la bataille entre Glaucos, fils d’Hippolochos et Diomède, fils de Tydée, Chant VI, 145 sq.)

145 Τυδεΐδη μεγάθυμε τί ἢ γενεὴν ἐρεείνεις;

οἵη περ φύλλων γενεὴ τοίη δὲ καὶ ἀνδρῶν.

Φύλλα τὰ μέν τ᾽ ἄνεμος χαμάδις χέει, ἄλλα δέ θ᾽ ὕλη

τηλεθόωσα φύει, ἔαρος δ᾽ ἐπιγίγνεται ὥρη·

ὣς ἀνδρῶν γενεὴ ἣ μὲν φύει ἣ δ᾽ ἀπολήγει.

« Fils magnanime de Tydée, pourquoi me demandes-tu

ma naissance? Telle la naissance des feuilles, telle celle

des hommes. Il y `a des feuilles que le vent répand à

terre, mais la forêt puissante en produit d’autres, le printemps revient.

Ainsi pour les hommes : une génération naît, l’autre finit.

Pour en savoir plus, L’individu, l’amour, la mort de J.-P. Vernant, chapitre consacré à la mort des héros.

Texte écho : Bernardin de St Pierre : Paul et Virginie (1788)

 

 

Sur l’île de France (l’actuelle île de la Réunion) Paul et Virginie grandissent ensemble comme frère et sœur.

 

Cependant,  depuis quelque temps Virginie se sentait agitée d’un mal inconnu. Ses beaux yeux bleus se marbraient de noir ; son teint jaunissait ; une langueur universelle abattait son corps. La sérénité n’était plus sur son front, ni le sourire sur ses lèvres. On la voyait tout à coup gaie sans joie, et triste sans chagrin. Elle fuyait ses jeux innocents, ses doux travaux, et la société de sa famille bien-aimée. Elle errait çà et là dans les lieux les plus solitaires de l’habitation, cherchant partout du repos, et ne le trouvant nulle part. Quelquefois, à la vue de Paul, elle allait vers lui en folâtrant ; puis tout à coup, près de l’aborder, un embarras subit la saisissait ; un rouge vif colorait ses joues pâles, et ses yeux n’osaient plus s’arrêter sur les siens. […]

Dans une de ces nuits ardentes, Virginie sentit redoubler tous les symptômes de son mal. Elle se levait, elle s’asseyait, elle se recouchait, et ne trouvait dans aucune attitude ni le sommeil, ni le repos. Elle s’achemine, à la clarté de la lune, vers sa fontaine ; elle en aperçoit la source qui, malgré la sécheresse, coulait encore en filets d’argent sur les flancs bruns du rocher. Elle se plonge dans son bassin. D’abord la fraîcheur ranime ses sens, et mille souvenirs agréables se présentent à son esprit. Elle se rappelle que dans son enfance, sa mère et Marguerite s’amusaient à la baigner avec Paul dans ce même lieu ; que Paul ensuite, réservant ce bain pour elle seule, en avait creusé le lit, couvert le fond de sable, et semé ses bords des herbes aromatiques. Elle entrevoit dans l’eau, sur ses bras nus et sur son sein, les reflets des deux palmiers plantés à la naissance de son frère et à la sienne, qui entrelaçaient au dessus de sa tête leurs rameaux verts et leurs jeunes cocos. Elle pense à l’amitié de Paul, plus douce que les parfums, plus pure  que l’eau des fontaines, plus forte que les palmiers unis et elle soupire. Elle songe à la nuit, à la solitude, et un feu dévorant la saisit. Aussitôt, elle sort effrayée de ces dangereux ombrages et de ces eaux plus brûlantes que les soleils de la zone torride. Elle court auprès de sa mère chercher un appui contre elle-même. Plusieurs fois, voulant lui raconter ses peines, elle lui pressa les mains dans les siennes ; plusieurs fois, elle fut près de prononcer le nom de Paul, mais son cœur oppressé laissa sa langue sans expression, et posant sa tête sur le sein maternel elle ne put que l’inonder de ses larmes.